Gestion de l’eau en bikepacking

Dans le cadre de notre dossier sur l’hydratation, nous allons nous intéresser à la gestion de l’eau en bikepacking.Nous avons vu dans l’article sur l’hydratation l’importance des besoins en eau lors de notre pratique sportive et que nous savons désormais quantifier.

Aussi,nous  arrivons vite à la conclusion que lors de nos sorties de plusieurs jours, le problème qui va essentiellement se poser reste notre approvisionnement en eau: il va être en effet difficile de transporter nos rations d’eau quotidiennes sur notre vélo, qui, nous faisons tout pour, doit rester le plus léger possible.

Nos besoins hydriques dépassent  largement nos capacités de transport.

De prim abord, deux solutions s’offrent à nous pour se fournir en eau potable:

  • Profiter des zones peuplées pour demander de l’eau ou remplir nos bidons aux points d’eau disponibles (cimetières, fontaines…).
  • Prélever l’eau dans la nature et la traiter.

Profiter des zones peuplées n’est possible que lorsque nous ….traversons des zones peuplées.

Cette lapalissade ne sert qu’a illustrer le fait que la majorité des bikepackers recherchent justement la pleine nature, et qu’en fonction du parcours choisi,  la rencontre avec l’autochtone salvateur reste hypothétique. De plus, et c’est sans jugement de valeur, l’eau du robinet, du puits ou de la source en fonction du pays ou de la contré visitée, n’est pas forcement adaptée à notre système digestif et immunitaire.Nous allons donc considérer ce mode d’approvisionnement comme particulièrement aléatoire et peu sécurisant.

Photo de Jens Johnsson

Prélever l’eau dans la nature semble une bien meilleure solution (excluons de suite  le projet « bikepacking en désert de Gobi »). Nous considérerons que sous nos latitudes, la ressource en eau douce est grande. Cependant , sans traitement,  sauf à de rares exceptions et cela après analyses, 

l’eau n’est pas potable. Elle nécessite donc un traitement.

Prélever l’eau dans la nature: quels risques?

Risque biologique:

Nous le savons, la vie existe sur terre parce que l’eau est un merveilleux milieu de culture pour les êtres vivants: les virus (hépatite A, adénovirus, astrovirus, rotavirus…), les bactéries (E.coli, Salmonelles, Choléra) ainsi que les protozoaires (vers, parasites..) sont chez eux. Ils ont tout pour vous gâcher votre voyage avec au minimum une diarrhée carabinée, et vous pourrez vous assoir bien fortement sur votre selle, vous ne pourrez pas lutter. Mais le risque de tourista reste le moindre, et boire une eau non traitée peu vous emmener jusqu’en réanimation, si il reste de la place…

Risque chimique:

Tous les produits phytosanitaires ainsi que les nitrates issus de l’agriculture et de l’élevage sont drainés par les eaux de pluies vers les cours d’eau. Ces produits chimiques , dont la dangerosité n’est plus a démontrer, se retrouveront dans votre bidon, puis ensuite dans votre bidon. Pour ce problème malheureusement, les solutions de filtration sont minimes et la diminution du risque passera essentiellement par des règles de bonne conduite du prélèvement d’eau. Suivre ces règles vous permettra de diminuer par la même occasion le risque biologique.

Règles de bonne conduite du prélèvement d’eau:

-Éviter les prélèvements en aval d’un village, d’une ferme, d’une pâture ou pire: d’une usine.

-prélever au plus près de la source si possible

-éviter les eaux stagnantes

-Si absence de vie (végétation, insectes) autour de la source l’eau peu être impropre.

Cas de la turbidité de l’eau:

L’eau troublée par la présence de particules en suspension peu vous faire passer l’envie de boire. Cependant, les éléments en suspension sont souvent peu dangereux par eux même mais peuvent servir de vecteur aux agents pathogènes. Une filtration préalable ou décantation peu améliorer le problème.
Nous avons donc vu quels sont les risques à consommer une eau prélever en pleine

Quels sont nos besoins?

Nos aventures sont prévues pour plusieurs jours consécutifs, potentiellement en environnement isolé et nous devons rester le plus léger possible. De plus, nous n’avons aucune envie d’attendre 1heure à chaque fois qu’on veut boire.

Donc , nous recherchons des méthodes de traitement:

  • reproductible tout au long du voyage
  • non néfaste au long cours
  • efficace contre le risque biologique et si possible chimique
  • permettant de consommer l’eau rapidement.

Nous avons donc identifier des solutions concrètes et adaptées, permettant soit le dépannage en cas de manque d’eau impromptue ou soit le voyage au long cours.

Les solutions de dépannage:

Ébullition:

Faire bouillir l’eau à 100 degrés pendant 1 minute à basse altitude ou 3 minutes en haute altitude permet de détruire la totalité des virus et bactéries.Si l’eau est trouble, nous avons la possibilité de la laisser décanter pour éliminer les particules.L’inconvénient et que la méthode nécessite un réchaud ou un feu, et que la consommation n’est possible qu’après refroidissement ( au moins jusqu’à 60 degrés: tisane!). N’a aucune action sur les polluants chimiques et sur le goût.

Halogénation:

Utilisation de désinfectants chimiques, les halogènes: iode, chlore... existe en poudre, en pastilles ou en gouttes.Il existes de nombreux  produits avec plusieurs compositions chimiques. Les leader du marchés sont aquatabs et Micropure.

Aquatabs:

composé de dichloroisocyanurate (DCCNa), il présente une très bonne efficacité contre les risques biologiques après un délai d’action de 30 minutes pour les virus et 2h pour tous les micro-organismes, mais présente une très faible rémanence: le produit n’agit pas longtemps et l’eau doit être consommée dans les 24h maximum. (prix environ 10 euros)

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Micropure fort(DCCNa+ ions argent) Le choix de la rédaction :

Ce produit présente la même efficacité que les aquatabs mais avec une forte rémanence grâce aux ions argents. L’eau peut alors être conservée pendant plus de 6 mois , même sous forte chaleurs. ( boite de 100 comprimés, 1 comprimé par litre d’eau, 25 euros)

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Inconvénients:

Utilisation sans danger de façon ponctuel, mais sur une période plus longue entraine une diminution de la flore intestinale avec troubles du transit (on y revient) et sensibilité digestive aux infections. Le gout: vous aurez l’impression de boire l’eau de la piscine municipale, le premier jour çà va mais ensuite…ça lasse. Donc utilisation de l’halogénation en solution de dépannage.

Truc et astuce: mettre un cachet de vitamine C après traitement, cela transformera le chlore en sel et diminuera la gout de chlore.

Traitement par Ultra-violets A  (U.V.A.)

Utilisation des U.V.A pour détruire la chaine ADN des bactéries, entrainant l’arrêt de la multiplication cellulaire et leurs morts.Permet la destruction de 99,9% des bactéries et virus et protozoaires. Aucune action sur les polluants chimiques.

Produit de reférence : Steripen ultra (124 euros)

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Steripen

Inconvénients:

Produit plus cher, pas d’action sur les polluants chimiques. Pas de rémanence donc l’eau doit être consommée rapidement . Le produit est électronique et nécessite d’être rechargé.

c’est une solution qui peut-être réellement efficient dans le cadre d’un voyage à l’étranger pour traiter l’eau du robinet.

Les solutions pour voyages au long cours:

Filtration:

Filtration: technique qui permet de retenir, à travers une ou plusieurs membranes (céramique, fibres de verre) les bactéries, virus et protozoaires. L'ajout de charbon actif permet une action sensible sur les polluants chimiques.

De nombreux modèles de filtres sont proposés sur le marché, comme les systèmes de filtration par gravité, mais leur fort encombrement et leur lenteur de mise en œuvre les exclus de notre analyse.

Des solutions existent cependant qui répondent à nos besoins:

Les pailles filtrantes:

Filtration de l'eau par aspiration: vous plongez votre paille dans l'eau et vous aspirez. Le débit est suffisant et la filtration est de bonne qualité. Absence de filtre à charbon donc pas d'actions sur les pollutions chimiques.

En exemple un produit de très bonne qualité:

Le lifestraw personal:    

Filtration avec une autonomie d’au moins 4000 litres, système de filtration par fibres de verre de 0,2 microns: élimination de 99,99 % des bactéries, virus et protozoaires. Permet aussi de baisser la turbidité de l’eau. Très léger et peu encombrant ( 2.5*22.5 cm, 57 g !)c’est réellement un produit de choix pour notre sport. Et cerise sur le gâteau, le prix !

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Je vous invite à regarder un autre produit intéressant, le Sawyer microsqueeze, peu onéreux et à l’encombrement réduit.

Tube Kit+Sawyer Filter:
       

Ce produit est particulièrement remarquable car il associe à un tuyau de poche à eau standard à un filtre de type fibre de verre très efficace Peut être une bonne solution si vous utiliser des poche type camelback ? De la marque Source.

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Les filtres à pompe:

Katadyn hiker pro: choix de la rédaction

Filtre associant un filtre à fibres de verre  (0.2 microns) , un dispositif anti-encrassement et filtre au charbon actif. Ce filtre complet associé au charbon actif permet éliminer le risque biologique tout en limitant le risque chimique et améliorant appétence de l’eau filtrée. De plus, ce produit est  relativement compact (165*76 mm, 310 g) pour le service rendu.  La filtration complète se fait avec un débit très correcte d’1l/min. Best seller de la très sérieuse marque Suisse, le hiker pro est réputé pour sa solidité.

Le prix est un peu plus élevé mais sera amortit par sa longévité et sa polyvalence.

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Tableau récapitulatif:

ÉbullitionHalogénationU.V.AFiltrationFiltration+Filtre charbon actif
efficacité sur les bactéries  +++++++++++++++
efficacité sur les virus et protozoaires+++++++++++++
efficacité sur les produits chimiques et métaux lourds0000+
amélioration appétence0    dégradation0++++